Kenjutsu
Gōgyo no Tachi
Le terme gōgyō (五行) renvoie aux cinq éléments de la pensée sino-japonaise — bois, feu, terre, métal et eau — qui structurent de nombreux systèmes symboliques et philosophiques en Asie de l’Est. Dans le cadre de la Tenshin Shōden Katori Shintō-ryū, il désigne une série de kata de niveau avancé, parfois considérés comme relevant d’un enseignement plus interne ou moins exposé. À ce titre, ils sont rarement présentés au public, et leur compréhension repose en grande partie sur une transmission orale, les sources écrites à leur sujet étant limitées.
Ces kata sont souvent interprétés comme illustrant des situations de combat sans armure, bien que cette lecture doive rester prudente. Comparés aux formes plus élémentaires, ils présentent en effet des échanges plus resserrés et des phases de liaison entre les lames qui tendent à se prolonger davantage. Cette dynamique peut évoquer un contexte où l’absence de protection impose une gestion plus fine de l’engagement, du contrôle et du risque, chaque ouverture pouvant avoir des conséquences immédiates.
Ikkajō – Mittsu no Tachi
En japonais
三津之太刀
Traduction littérale
三 (mi) – « trois »
津 (tsu) – « port, gué », dans le contexte des arts martiaux, il fait plutôt référence à un passage, une passe de combat.
之 (no) - « de », forme classique de の
太刀 (tachi) – « grand sabre »
Traduction retenue
Les trois passes au sabre
Principe
Il se peut que ce kata illustre le principe de l'eau. L'eau s'adapte au contenant. Ici, le pratiquant s'adapte totalement aux mouvements de l'adversaire. On y trouve des esquives fluides et des contres qui semblent couler autour de la lame ennemie.
Peut-être que le nom du kata est un jeu de mots entre mitsu et mizu (l'eau en lecture japonaise).
Nikkajō – Yottsu no Tachi
En japonais
四津之太刀
Traduction littérale
四 (yo) – « quatre »
津 (tsu) – « port, gué », dans le contexte des arts martiaux, il fait plutôt référence à un passage, une passe de combat.
之 (no) - « de », forme classique de の
太刀 (tachi) – « grand sabre »
Traduction retenue
Les quatre passes au sabre
Principe
Il se peut que ce kata illustre le principe du feu. Ce kata est plus dynamique et rapide. Il utilise des angles d'attaque changeants pour déborder la défense adverse. Comme le feu, l'énergie est rayonnante et cherche à consumer l'espace de l'autre par une pression constante et des frappes enchaînées.
Peut-être que le nom de ce kata est un jeu de mots entre shi (quatre en lecture sino-japonaise) et hi (le feu en lecture sino-japonaise). Il se peut également que ce soit une forme masquée de yō,par opposition au in dans le dualisme japonais et signifiant le soleil, le feu.
Sankajō – In no Tachi
En japonais
陰之太刀
Traduction littérale
陰 (in) – « ombre », mais aussi le fait de recevoir, par opposition au yō (陽) du dualisme sino-japonais, qui illustre le soleil, le feu, l'attaque
之 (no) - « de », forme classique de の
太刀 (tachi) – « grand sabre »
Traduction retenue
Le sabre qui reçoit
Principe
Il se peut que ce kata illustre le principe de la terre. In suggère la réception. Ici, l'accent est mis sur l'ancrage et la capacité à absorber l'attaque adverse pour mieux contre-attaquer.
Yonkajō – Sha no Tachi
En japonais
捨之太刀
Traduction littérale
捨 (sha) – « jeter, abandonner »
之 (no) - « de », forme classique de の
太刀 (tachi) – « grand sabre »
Traduction retenue
Le sabre qui rejette
Principe
Il se peut que ce kata illustre le principe du métal. Dans ce kata, le mouvement principal consiste à intercepter la lame adverse en "rejetant" son attaque avec une structure corporelle immuable. notre sabre est utilisé comme un outil de précision pour briser la trajectoire de l'autre de manière sèche et définitive. C'est l'aspect punitif du métal : il n'y a pas de compromis, seulement l'interception et la coupe.
Gokajō – Hotsu no Tachi
En japonais
発之太刀
Traduction littérale
発 (hotsu) – « déclencher, émettre », mais peut également exprimer l'initiative
之 (no) - « de », forme classique de の
太刀 (tachi) – « grand sabre »
Traduction retenue
Le sabre qui prend l'initiative
Principe
Il se peut que ce kata illustre le principe du bois. Il met l'accent sur la prise de distance et l'initiative. Le mouvement est ascendant et direct, comme une plante qui perce le sol.
