Kobudo

Kenjutsu

Omote no Tachi

Les kata de la série omote (« visible ») du sabre constituent l’introduction au kenjutsu au sein de la Tenshin Shōden Katori Shintō-ryū. Ils sont généralement les premiers enseignés aux débutants et correspondent à une forme de pratique destinée à être montrée, tant sur le plan pédagogique que démonstratif.

Ces kata sont souvent présentés comme illustrant des situations de combat en armure. Cette interprétation mérite toutefois d’être nuancée. D’une part, le format des kata — des affrontements en un contre un — ne correspond ni aux réalités du champ de bataille médiéval japonais, dominé par des engagements collectifs structurés, ni aux usages du duel formel, qui ne se pratiquait généralement pas en armure complète. D’autre part, le sabre occupait, dans de nombreux contextes guerriers, une place secondaire par rapport à des armes telles que la lance (yari) ou l’arc (yumi), particulièrement face à un adversaire protégé. L’hypothèse d’un héritage des ikkiuchi — duels individuels supposés précéder certaines batailles — est parfois avancée, mais elle reste historiquement fragile. L’existence même de ces pratiques est débattue, et lorsqu’elles sont évoquées dans les sources, elles concernent plus souvent des affrontements à cheval que des combats à pied tels que représentés dans ces kata.

Il est néanmoins probable que ces formes conservent certains principes issus du combat en armure. Les frappes y sont en effet caractérisées par une grande précision, visant des zones vulnérables plutôt que des surfaces protégées. De plus, les mouvements sont larges et les contacts entre les lames sont généralement brefs et non prolongés, ce qui peut refléter une logique martiale où la protection offerte par l’armure permet de privilégier l’initiative et la continuité de l’action plutôt que l’engagement prolongé dans la liaison des armes. Ainsi, indépendamment de leur contexte historique exact, ces kata constituent un outil pédagogique particulièrement efficace : leurs formes relativement simples imposent une grande rigueur dans la précision, le timing et la coordination, qualités fondamentales pour le pratiquant débutant.

Ikkajō – Itsutsu no Tachi

En japonais

五津之太刀


Traduction littérale

五 (itsu) – « cinq »

津 (tsu) – « port, gué », dans le contexte des arts martiaux, il fait plutôt référence à un passage, une passe de combat.

之 (no) - « de », forme classique de の

太刀 (tachi) – « grand sabre »  


Traduction retenue

Les cinq passes au sabre


Principe

Ce kata met bout-à-bout cinq passes de combat, avec une situation initiale et une fin. Une bonne exécution de ce kata permet de mettre en évidence ces cinq passes.

Nikkajō – Nanatsu no Tachi

En japonais

七津之太刀


Traduction littérale

七 (nana) – « sept »

津 (tsu) – « port, gué », dans le contexte des arts martiaux, il fait plutôt référence à un passage, une passe de combat.

之 (no) - « de », forme classique de の

太刀 (tachi) – « grand sabre »  


Traduction retenue

Les sept passes au sabre


Principe

Ce kata met bout-à-bout sept passes de combat, avec une situation initiale et une fin. Une bonne exécution de ce kata permet de mettre en évidence ces sept passes.

Sankajō – Kasumi no Tachi

En japonais

神集之太刀


Traduction littérale

神集 (kasumi) – « brouillard », mais ce n'est pas la lecture correcte des kanjis, voir notes

之 (no) - « de », forme classique de の

太刀 (tachi) – « grand sabre »  


Traduction retenue

Le sabre dans le brouillard


Principe

En raison de la traduction floue de ce kata, son principe essentiel est sujet à débat. Il se pourrait que l'accent de ce kata se porte sur ses nombreuses phases où les deux lames sont liées, préfigurant les gōgyo no tachi.


Note

La lecture de ce kata est étrange. 神集 se lirait plutôt kamishū et signifie plutôt quelque chose comme « réunion divine ». Dans un contexte martial, il pourrait se traduire « réunification en un seul point ». Kasumi, le brouillard, s'écrit plutôt 霞. Une différence entre les kanjis utilisés et leurs prononciations est fréquente dans les arts martiaux anciens. Ceux-ci ayant été transmis par tradition orale bien avant qu'ils n'aient été codifiés par écrit, il est probable que la prononciation (kasumi - le brouillard) soit la plus authentique. Toutefois, il n'est pas exclu que cette transcription écrite (shinshū - la réunification en un seul point) ne révèle un double-sens à la signification de ce kata: Un sens externe, à l'oral, signifiant le brouillard et préfigurant au sens réel caché de ce kata. Et un sens interne, à l'écrit, mettant en avant une réunification divine ? Ou une union du corps et du sabre ? Ou l'idée d'unifier les diverses passe de ce kata en un seul mouvement fluide ? Ou le fait que ses passes se font en gardant l'union de deux sabres ?

Yonkajō – Hakka no Tachi

En japonais

八神之太刀


Traduction littérale

八 (hachi - ha) – « huit »

神 (kami - ka) – « les dieux »

之 (no) - « de », forme classique de の

太刀 (tachi) – « grand sabre »  


Traduction retenue

La maîtrise complète du sabre


Principe

De ce kata doit refléter la bonne compréhension des principes visibles du kenjutsu de la Tenshin Shōden Katori Shintō-ryū.


Note

Une traduction littérale du kata serait « le sabre des huits dieux ». Mais le chiffre huit, dans les arts martiaux, siginifie généralement une idée de "toutes les directions" ou de "tous le principes". Avec cette notion divine, il est probable que le nom de ce kata fasse plutôt référence à une compréhension complète du côté visible (omote) du sabre.

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